Pris en otage par un chimpanzé. Comprendre et gérer ses émotions (2/3)
Apprnedre à mieux gérer ses émotions et à mieux comprendre la machine émotionnelle.

Pris en otage par un chimpanzé. Comprendre et gérer ses émotions (2/3)

Dans la première partie, nous avons vu beaucoup de choses ensemble sur le pourquoi du comment des émotions.

Vous vous souvenez de lui ?

C’est moi le roi ici !

C’est Chimp, le chimpanzé !

Si ça ne vous dit rien, ou vous ne comprenez pas pourquoi je parle de chimpanzé dans un article qui traite de la gestion des émotions, je vous encourage vivement à lire la première partie qui se trouve juste ici.

C’est une lecture qui vaut le coup. Vous ne pourrez pas comprendre la suite sinon.

Tout est bon pour vous ?

Bien.

Dans cette deuxième partie, vous allez :

  • Comprendre pourquoi le chimpanzé qui se trouve dans votre cerveau (ou votre machine émotionnelle) dispose d’un mode de pensée différent de la pensée logique/rationnelle
  • Comprendre quelles sont les différences fondamentales entre la pensée logique et la pensée émotionnelle
  • Découvrir un exercice pour mieux vous comprendre et mieux comprendre vos comportements au quotidien

Dans une dernière partie, vous apprendrez enfin à mieux appréhender votre chimpanzé afin de mieux gérer vos émotions.

Encore une fois, gros article en perspective. Rassurez-vous, comme d’habitude, on va y aller petit à petit.

Ready ?

C’est parti !

Les caractéristiques de la pensée émotionnelle

Qui ne s’est jamais mis en colère ?

Qui n’a jamais fondu en larme ?

Qui n’a jamais voulu étriper quelqu’un ?

Comment calmer sa colère ?

Bref, c’est humain et quand une situation nous dérange, on devient rapidement esclave de nos émotions qui nous frappent de plein fouet.

Et c’est terrible, car dès lors que l’on est pris dans le tourbillon émotionnel, il est difficile de retrouver un peu de logique et de rationnel.

Si une personne vous coupe la route et provoque presque un accident, il y a de grandes chances que des petits mots sympathiques sortent de votre bouche tel un réflexe de survie. Non ?

Quand vous avez eu des disputes, il était sûrement difficile pour vous de vous contenir et vous avez peut être agit d’une manière que vous avez regrettée par la suite ?

Quand c’est le cas, cela signifie que c’est Chimp qui a pris le dessus.

Dans la première partie, on a commencé à observer le comportement de Chimp. Il ne travaille pas nécessairement à partir des faits. Il va beaucoup se baser sur sa propre perception de la vérité ou de ce qui pourrait être la vérité.

Bien sûr, il arrive que les impressions du chimpanzé soient parfois justes et utiles (si un ours vous attaque et que vous devez vous échapper le plus vite possible), mais elles peuvent tout aussi bien être fausses (quand vous faites un sang d’encre pour rien).

Continuons de le découvrir un peu plus. C’est le but de cette deuxième partie.

Mettons-le à nu (ah tout de suite ça vous intéresse).

Les caractéristiques de la pensée émotionnelle. Comment gérer ses émotions.

Les caractéristiques de Chimp

1. Il se précipite

Au boulot, vous vous faites engueuler fortement par votre collègue qui vous reproche d’avoir mal réalisé une tâche qui vous était attribuée. Il comptait sur vous et vous avez fait n’importe quoi. Il va sûrement se passer deux choses :

  1. Vous vous soumettez à ce qu’il vous reproche. Vous vous écrasez et votre estime personnelle en prend un coup.
  2. Vous essayez de vous défendre et vous avez envie de vous énerver

Dans le premier cas, vous allez vous trouver nul et pas capable. Dans le deuxième cas, vous allez sûrement en vouloir à votre collègue qui vous a mal parlé. La relation ne sera pas forcément au top de sa forme.

Dans tous les cas, le résultat est le même : vous vous précipitez. En tout cas, votre machine émotionnelle se précipite.

Que se passe-t-il ?

Chimp veut arriver à une conclusion le plus rapidement possible. À partir de ses sentiments et de ses impressions, il va tout faire pour trouver des preuves et montrer qu’il a raison. Pour cela, il va récupérer dans le disque de l’ordinateur toutes les situations qui confirment ce que vous êtes en train de vivre.

C’est le fameux biais de confirmation, c’est-à-dire la tendance à noter et à chercher ce qui confirme nos croyances. Ce biais nous entraîne à rechercher ou à interpréter l’information trouvée en mémoire ou ailleurs qui va permettre de confirmer ce que l’on pense déjà.

Par exemple, dans le premier cas, vous allez vous souvenir de toutes les situations où avez mal fait votre boulot pour confirmer ce que votre collègue vous a dit.

Ding ding ding, la conclusion apparaît : vous êtes le roi de la nullité.

Alors qu’en réalité, les fois où vous avez mal font votre boulot représente une minorité de situations dans toute votre vie.

Vous passez votre permis pour une nième fois ? C’est la même chose. Lors de l’exam, le chimpanzé ne va pas vous louper et va vous attribuer le rôle de la personne qui n’est pas capable de faire comme tout le monde.

2. Il voit les choses en noir et blanc

Toujours dans l’exemple du travail, vous postulez pour un job. Malheureusement, on ne vous a pas recruté. C’est la catastrophe pour vous. Vous vous dites que vous n’êtes peut-être pas fait pour ce boulot ou encore pire, vous êtes mauvais.

Vous loupez un exam important ? Ça y’est, c’est la fin du monde.

Une personne vous trompe ? Vous allez peut-être associer à ce comportement toutes les personnes de ce même sexe.

L’idée est qu’il n’y a pas de nuances possibles pour le chimpanzé. C’est soit comme ça, soit…comme ça. Les chimpanzés ont tendance à ne voir qu’une seule possibilité et n’envisagent généralement pas qu’il puisse exister une autre interprétation de la réalité.

Tout ce qui se trouve dans ce monde tombe nécessairement dans une de ces deux catégories: bonne ou mauvaise ; raison ou tort ; blanc ou noir.

Il vous amène à croire que si les choses ne se passent pas exactement comme vous le voulez, il s’agit alors d’un échec. Vous perdez alors totalement la notion de nuance, de relativité.

Cela peut vous conduire à des malentendus, de la colère, du ressentiment, des conflits et d’innombrables décisions et actions qui ne sont pas les plus judicieuses pour vous.

Le chimpanzé est un grand enfant.

Rappelez-vous toutes les conclusions hâtives que vous vous êtes fait suite à un évènement.

3. Il très anxieux

Vous avez peur de sortir de votre zone de confort et de faire des choses dont vous n’avez pas l’habitude ? Vous ne passez pas à l’action ?

C’est normal. Votre chimpanzé cherchera à tout prix à vous protéger coûte que coûte.

La sécurité ? Il ne connaît pas.

Il pense toujours qu’il est dans l’insécurité. Par conséquent, il est toujours dans la vigilance, prêt à guetter la moindre chose suspecte. Il a du mal à faire confiance, surtout au début.

Qui dit qu’il ne se fera pas manipuler ou que ce n’est pas une situation dangereuse ? Il se base souvent sur ces impressions premières et si ces impressions ne sont pas justes à ses yeux, il ne manquera pas de vous le faire savoir.

Vous rencontrez une personne qui n’est pas du tout chaleureuse ? Si vous êtes amené à la voir régulièrement, vous serez davantage sur votre garde. Votre chimpanzé aime se baser sur la première impression.

On vous propose de partir voyager seul(e). Idem, cela ne sera pas forcément facile (voir partie 1) parce que la survie du chimpanzé en dépend. Imaginez si quelque chose de terrible se passait ?

4. Il a tendance à voir les choses de manière négative

9 personnes vous font des compliments sur quelque chose que vous avez réalisé. Une personne arrive et vous fait une critique. Vous ne portez attention qu’à la critique et passez des jours à la ressasser. En aucun cas, vous n’allez vous souvenir des 9 compliments.

Cela vous est-il déjà arrivé ?

L’idée est que le chimpanzé est pessimiste et négatif. Il voit le verre à moitié vide. Quelque chose de mal arrive ? C’est la catastrophe, c’est la guerre nucléaire ! Plus rien n’est possible. Il en fait souvent trop et exagère bien trop souvent. Il s’imagine les pires scénarios possible.

“Et si ça se passe comme ça…Et si…” .

Le chimpanzé dispose d’un filtre qui ne laisse passer que le côté négatif des choses. On se focalise alors sur les aspects déplaisants de notre vie, ce qui nous amène à percevoir l’ensemble en négatif.

À chaque situation qui n’est pas habituelle, le petit singe s’agite et met le paquet d’émotions.

Si nous nous trompons, c’est que nous sommes bêtes, idiots, stupides, dernier du classement. Alors, que c’est faux.

Combien de fois avez-vous été bouleversé sur le plan émotionnel pour ensuite vous demander pourquoi vous vous êtes mis dans cet état-là pour si peu ?

Oui, c’est votre chimpanzé qui a fait les siennes.

Encore une fois, il y a une raison à tout ça. (Continuez la lecture, ça arrive).

Et enfin…

5. Il est très souvent irrationnel

La logique n’existe pas pour le chimpanzé qui se loge dans votre tête. Il ne cherche pas à savoir si quelque chose est probable ou faisable, mais passe généralement directement aux conclusions (conclusion hâtive).

Si votre chimpanzé parvient à prendre le contrôle de votre esprit et à interpréter votre situation, il risque de vous soumettre un raisonnement stupide, infondé et partiellement voir totalement dépourvu de bon sens. C’est ce qui arrive lorsque sous le coup des émotions, vous agissez d’une manière que vous regrettez par la suite.

Je vais prendre l’exemple de ma mère (maman je t’aime).

Si elle n’a pas de nouvelles de moi pendant un jour, c’est la panique dans sa tête :

“Il s’est passé un truc de grave ! Il a dû se faire mal. Il me cache quelque chose ! Olala, mais comment vais-je faire ?”

Si je pars en voyage, c’est encore autre chose :

“Il s’est fait kidnapper ! Comment il va s’en sortir ? Quelque chose lui est arrivé ! ça y’est il part et il m’oublie déjà ! ” Etc., etc.

Typiquement dans sa tête, le singe lui en fait voir de toutes les couleurs !

Pour résumer

Retenez tout simplement que votre chimpanzé :

  • Se précipite et cherche absolument à trouver une conclusion, même si elle peut être irrationnelle
  • Voit les choses en noir ou blanc. Pas de nuances possibles.
  • Est très insécure. Il a besoin de se sentir en sécurité.
  • Voit les choses de manières négatives.

Sympathique le chimpanzé dans votre tête, n’est-ce pas ?

Sachez qu’il y a d’autres modes de pensées que je vous décris dans cet article.

Vous comprendrez alors mieux pourquoi vous avez certaines réactions.

Ce qu’il faut retenir de tout ça est que votre partie émotionnelle s’agite bien plus que vous le croyez. À partir de ses impressions, de ses sentiments irrationnels, de son sentiment d’insécurité et de sa vision négative des choses, votre chimpanzé tire rapidement des conclusions sur la situation.

Il aime avoir le contrôle et montrer qu’il est le plus fort. Raisonner avec le chimpanzé ? N’y pensez même pas.

On ne peut donc pas toujours compter sur lui.

Heureusement que la partie logique est présente.

Les caractéristiques de l’humain (partie logique)

Qu’en est-il de l’humain qui est en vous ?

Les caractéristiques de la pensée logique et rationnelle. Comment mieux gérer ses émotions.

Les caractéristiques de la partie humaine.

1. Il se base sur des faits et il est très rationnel

Des faits et rien que des faits. L’humain a besoin de preuves. Il ne peut pas agir sur un coup de tête ! Il aime écouter les avis des autres, discuter, se renseigner, mûrir, dans un seul but de construire son propre raisonnement et sa propre décision, si décision il y a.

Si on l’attaque sur quelque chose, il ne passera pas en mode attaque. Il fera au mieux pour prendre du recul et analyser la situation du mieux qu’il peut afin d’agir d’une manière optimale.

Dans tous les cas, lorsque le chimpanzé commence à s’agiter à cause d’une certaine situation, l’humain doit vite réagir et faire en sortir de trouver les bons éléments pour le rassurer, sinon il prendra le dessus et la partie émotionnelle vous submergera.

2. Il aime peser le pour et le contre calmement

L’humain ne s’affole pas. Il réfléchit calmement. Il aime comprendre le pourquoi des choses. Il aime agir lorsqu’il se rend compte qu’il n’y a rien à craindre.

3. Il est impartial et ne vois pas les choses en noir et blanc

À la différence du chimpanzé qui voit les choses soit en bien soit en mal, l’humain va avoir tendance à davantage nuancer les choses. Il ne voit pas d’inconvénient à se tromper et au contraire, c’est gage d’apprentissage pour lui.

Il accepte également que la vérité soit parfois hors de portée, qu’il n’y ait pas une seule réponse, ou que ce soit uniquement une question de point de vue. L’humain a autre chose à faire que de faire des comparaisons avec les autres et de juger son entourage.

Pour résumer

Retenez tout simplement que votre partie humaine :

  • Se base uniquement sur des faits. Il est très rationnel.
  • Aime prendre le temps de peser le pour et le contre.
  • Est impartial.
  • Nuance les choses et ne considèrent pas les choses comme étant soit noir soit blanc.

Maintenant que vous connaissez les caractéristiques principales de la pensée émotionnelle et de la pensée logique, vous allez découvrir pourquoi votre partie humaine se retrouve en conflit avec votre partie émotionnelle au quotidien.

Parce que oui : tous les jours, votre chimpanzé et votre partie humaine sont en conflits. Ils arrivent à peine à se mettre d’accord.

Machine émotionnelle VS Partie logique : un combat de tous les jours

“Pourquoi tu m’insultes ? Viens voir par là pour voir !”

Votre chimpanzé obéit aux lois de la jungle, en ayant des besoins et des instincts puissants.

Alors que votre partie humaine vit dans la société moderne.

Et il y a un problème : les lois de la nature sont incompatibles avec les lois de la société.

Ce n’est pas clair ?

On va tout de suite voir ça ensemble. Cela sera un premier pas pour mieux appréhender le chimpanzé et mieux gérer vos émotions.

Bienvenue dans la jungle

Bon, tous ces animaux ne vivent pas dans la jungle, mais je la trouve sympathique 🙂

Dans la jungle, c’est la loi du plus fort qui domine. Le but ? Survivre à tout prix.

Tout ce que Chimp veut c’est survivre et assurer la naissance de la génération suivante. Il veut et va tout faire pour assurer sa survie.

Entre autres :

  • Il est important pour lui d’avoir des relations sexuelles : c’est le seul moyen d’assurer sa survie et d’assurer une descendance.
  • Il va tout faire pour éviter les dangers. Il va chercher la sécurité.
  • Il veut toujours manger à sa faim, voire plus pour se créer des réserves.
  • Il veut protéger son territoire.
  • Il veut être le mâle dominant.

Dans la jungle, tout ce qui compte, ce sont les instincts et les besoins.

Un instinct ?

Les instincts sont là pour assurer notre survie. Ce sont des automatismes préprogrammés.

Quand un danger se présente, votre instinct de survie se déclenche. Eh oui. Sinon, vous risquez de mourir, n’est-ce pas ?

Au final, un instinct est une réaction déclenchée par un stimulus qui est indispensable à la survie.

Face à un danger, le chimpanzé a trois choix possibles :

  • Combattre
  • Fuir
  • S’immobiliser

C’est ce que les Anglais appellent les 3F : Fight (combat), Flight (fuite), Freeze (immobilisation).

Si un ours vous attaque, que feriez-vous instinctivement ?

Si vous vous immobilisez, vous allez vous faire dévorer. Si vous choisissez de vous battre, vous risquez à nouveau de vous faire dévorer. Il ne vous reste donc que la solution de la fuite.

Vous allez chercher à vous enfuir le plus loin possible et éviter à tout prix la menace.

Vous êtes d’accord que pour survivre, il est essentiel de choisir rapidement la bonne réaction ?

Le chimpanzé fonctionne beaucoup par l’instinct et cet instinct est régi par ces 3F. À chaque fois qu’il se sentira en danger, il choisira un comportement issu des 3F.

Si vous choisissez de combattre alors que vous devriez fuir, vous ne survivrez pas. Vous affrontez le danger au péril de votre vie. Fuir c’est tourner le dos au problème; et enfin s’immobiliser c’est ne pas bouger et espérer que le danger va disparaître tout seul.

Votre vie est régie par les 3F

Prenez quelques secondes de réflexion et regardez un peu comment ça se passe dans votre vie.

Vous verrez que souvent vos réactions font partie des 3F.

Combattre. Fuir ou s’immobiliser.

Dans la plupart des cas, les chimpanzés choisissent de fuir à la moindre occasion ou de s’immobiliser pour éviter tout conflit.

  • Éviter la peur –> Fuite
  • Ne pas tenir ses engagements –> Fuite
  • Rester dans sa zone de confort –> Immobilisation
  • Procrastiner –> Fuite
  • Ne pas se lever le matin pour aller bosser –> Fuite
  • Dire oui à tout –> Fuite
  • Etc., etc.

Autant ces réactions peuvent être utiles dans certains cas, autant elles peuvent être disproportionnées par rapport à l’évènement.

Le problème est que nous, en tant qu’humains, ne vivons pas dans la jungle.

Nous vivons dans une société. Une société où nous humains obéissons aux lois de la société en répondant à des besoins éthiques et moraux. En soi, le mécanisme des 3F est une bonne réaction de survie du chimpanzé. Le problème est que ce n’est pas forcément adapté à notre société.

Quand le chimpanzé applique les loin de la jungle à une société humaine, cela peut donner des réactions assez disproportionnées.

Ce n’est pas clair ?

Reprenons les exemples de la première partie.

Exemple 1 : lors d’une soirée

Comment faire lorsqu'on se retrouve seul dans une soirée ? Les émotions nous envahissent.

Vous arrivez à une soirée bourrée de monde où vous ne connaissez personne sauf l’hôte de la maison. Votre chimpanzé va vite paniquer, car il ne connaît personne. Il se sent menacé. Pour lui, il y a véritable danger.  Premier instinct de survie : utiliser les 3F.

Vous allez peut-être fuir, c’est-à-dire éviter le contact avec les gens. Vous allez essayer de trouver rapidement votre hôte et si vous n’arrivez pas à socialiser avec du monde, vous allez chercher à vous éclipser rapidement de la soirée.

Vous allez peut-être vous immobiliser en essayant de passer le plus inaperçu possible. Vous resterez alors dans votre coin.

Ou vous allez peut-être passer au combat en imposant votre présence et en essayant d’aller à la rencontre du plus de monde possible. Quitte à en faire un peu trop.

Exemple 2 : présentation publique

Donner un discours en public. Comment gérer ses émotions ?

Vous devez donner une présentation devant plusieurs personnes.

Vous êtes peut-être stressée et angoissée. C’est votre chimpanzé qui agit. Il se sent en danger immédiat. Pour lui, vous devez vous sortir de cette situation le plus vite possible. Rappelez-vous, Chimp a une vision catastrophique des choses et il voit les choses soit en blanc soit en noir.

Pour lui, il y a danger de mort alors qu’en réalité votre vie n’est pas en danger. Seulement Chimp ne le sait pas ça.

Il va commencer à vous dire : “Tu te souviens de la dernière fois où tu t’es plantée ? C’était terrible, n’est-ce pas ?”, “Les personnes vont s’ennuyer en face de toi”, et ainsi de suite.

Vous en tant qu’humain, vous allez essayer de le rassurer. “Cela va bien se passer, j’ai bien bossé”, “je connais mon sujet”, “Je vais gérer et faire de mon mieux” et ainsi de suite.

Seulement le chimpanzé va à nouveau vous angoisser : “Et si tu te trompes ?”, “Et si tu n’arrives pas à répondre aux questions”, “Et s’il y a un blanc” ? Etc.

La question à la fin est : qui va dominer l’autre et reprendre le dessus ? La partie émotionnelle ou la partie logique ?

Exemple 3 : sur la route

Sur la route. Précipitation.

Vous vous rendez à votre travail en voiture lorsqu’un conducteur vous coupe la route. Bim. Le chimpanzé se réveille.

“Je suis en colère. Il va voir c’est qui le plus fort entre lui et moi. Non, mais il se croit où sérieux ? Il va entendre parler de moi celui-là”.

Quant à la partie rationnelle, il tente tant bien que mal de le calmer :

“Ce n’est pas grave. Il a peut-être une urgence. Ou tout simplement, la personne a un comportement irrespectueux. Dans tous les cas, je décide d’oublier, car je n’ai pas envie que ma journée soit impactée à cause de lui”.

La question est : qui des deux parties va gagner ? C’est un ping-pong constant entre votre machine émotionnelle et votre partie logique.

Un besoin ?

En plus de ses instincts, votre chimpanzé a des besoins qui sont aussi bien physiques qu’affectifs.

Si je vous dis que demain vous n’allez plus avoir d’eau et de nourriture. Vous allez commencer à angoisser n’est-ce pas ? Vous allez peut-être commencer à créer un plan pour amasser le plus de nourriture et d’eau afin de vous mettre vous et votre famille à l’abri ?

Si vous êtes seul, vous allez déprimer.

Si vous ne vous sentez pas en sécurité, vous allez être anxieux.

Si on empiète sur votre territoire, vous allez être en colère.

Si on vous prive de sexe, vous allez être frustré.

Comme les instincts, les besoins sont innés et ils n’ont qu’un seul but : perpétuer l’espèce. Les besoins sont nécessaires à la survie et ils sont tellement importants qu’il est difficile d’y résister.

Ces besoins doivent être forts pour que l’espèce perdure et que l’individu vive. Le cerveau offre donc de fortes récompenses pour les renforcer. Il libère entre autres des hormones (endorphines, dopamine…) qui provoquent généralement un sentiment positif ou irrésistible.

La personne n’a alors plus qu’une envie : reproduire ce comportement.

Vous voyez le danger ?

Oui les addictions.

Trop manger est une dérive d’un besoin trop élevé de nourriture. On a peur du manque. Voilà pourquoi il peut être difficile de suivre un régime. C’est la panique à bord !

Ce n’est qu’un exemple, mais il suffit de remarquer dans votre vie de tous les jours la lutte de pouvoir qui oppose l’humain et le chimpanzé.

Voici quelques un de ces besoins :

  • Nourriture
  • Sexe
  • Pouvoir
  • Famille/Descendance
  • Relations
  • Sécurité
  • Curiosité
  • Satisfaction

L’humain, au coeur de la société

À la différence du chimpanzé, l’humain dispose de besoin plus terre à terre :

  • L’honnêteté
  • La compassion
  • Le contrôle de soi
  • Le désir d’aimer et d’être aimé
  • La réussite et la satisfaction
  • La raison d’être
  • Le respect d’autrui
  • La responsabilité et le respect de la société

Ces besoins se retrouveront chez chacun à des niveaux différents. Cependant, tout le monde a le potentiel de bien développer ces qualités.

L’humain veut trouver sa mission de vie et réussir sa vie. Il veut pouvoir se développer personnellement.

L’Homme est un animal social. Il va chercher à tout prix à se constituer un réseau avec lequel il va bien s’entendre. Il veut vivre dans la paix et l’harmonie.

(Par choix, je ne vais pas développer davantage sur la partie humaine. En revanche, si vous avez des questions je serais ravi d’y répondre.)

En bref

Votre tête héberge deux personnalités distinctes : vous et votre chimpanzé.

Chaque personnalité est localisée dans une partie de votre cerveau. Ces deux parties tentent tant bien que mal de collaborer et peuvent avoir des comportements semblables ou très différents.

Si l’une de ces deux personnalités prend le contrôle de la prise de décision, c’est elle qui dominera et qui dictera l’image que vous renvoyez au monde extérieur.

Il est important pour mieux de bien comprendre ces deux schémas de pensées, car vous arriverez ainsi à mieux vous comprendre c’est à dire pourquoi vous vous comportez différemment quand vous êtes calmes et sereins, et lorsque vous êtes émotifs et stressés.

Apprenez à mieux vous comprendre

Mieux se comprendre au quotidien. Comment se connaître ?

Avant de conclure cette deuxième partie (je vois chez vous une lueur de soulagement), je vous propose un exercice à réaliser.

Dans la première partie, je vous avais proposé un exercice qui vous permettait de déterminer qui dominait davantage votre vie : votre chimpanzé ou votre humain.

Car soyons clair : pour entreprendre des changements dans votre vie, il est important de reconnaître les différences de priorité, de raisonnement et de mode de fonctionnement qui distinguent le chimpanzé de l’humain.

Ici, je vous propose la suite logique de cet exercice.

Exercice

Toujours dans un but de réflexion, tous les soirs, prenez cinq-dix minutes de votre temps pour prendre du recul par rapport à la journée qui vient de se dérouler.

Repensez à des situations qui se sont produites au cours de la journée. Déterminez d’abord si c’était votre partie émotionnelle qui a agi ou non.

Demandez-vous si une réaction plus logique/plus humaine aurait été plus appropriée.

Ensuite, imaginez comment les choses auraient pu se passer autrement si la partie humaine avait agi.

Plus vous passerez de temps à réfléchir au fonctionnement de votre es­prit, plus vous aurez de chances d’améliorer votre façon d’agir dans le futur.

Je compte sur vous pour le faire ! C’est en agissant qu’on évolue et qu’on gagne en connaissance de soi. (Rendez-vous dans les commentaires pour les questions)

Si vous êtes arrivé jusqu’ici, félicitations et merci pour votre attention.

J’avais beaucoup à dire et encore j’ai réduit à l’essentiel. Ce que je souhaite vous transmettre à travers cet article est davantage une intuition concernant les deux modes de pensées (logique et émotionnelle) que vous pouvez trouver dans votre tête.

En comprenant mieux comment la partie humaine et le chimpanzé fonctionnent, vous serez en mesure de développer une plus grande conscience de vos comportements au quotidien.

Vous serez en mesure de savoir à quel moment, c’est la partie logique ou émotionnelle qui prend le dessus.

Et ça, c’est génial.

Vous savez pourquoi ?

Parce que toute prise de conscience peut aboutir à l’action. En ayant conscience de ce qui se passe d’un point de vue émotionnel, vous serez en mesure de mieux gérer vos émotions.

Vous arriverez à appréhender Chimp.

Et c’est ça qu’on veut.

Dans la troisième et dernière partie, nous verrons ce que vous attendez le plus : comment concrètement gérer vos émotions pour ne plus se laisser envahir par Chimp lorsqu’il vient vous embêter.

Sachez que vous ne pourrez pas le supprimer. Chimp vous accompagne depuis que vous êtes né. Vous n’êtes non plus pas responsable de sa nature, pas plus que vous n’êtes responsable de la couleur de vos cheveux ou de la taille de vos pieds.

Par contre, à partie de maintenant – comme vous avez conscience de Chimp – il est de votre responsabilité de le gérer.

Et c’est ce qu’on verra dans la partie 3.

En attendant, dans votre vie, quelle émotion principale domine votre vie ? Qu’est-ce qui vous énerve et que vous aimeriez changer ?

Lirone

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Lirone

À travers mon blog, je vous aide à devenir plus heureux et plus positif au quotidien. Première cible : votre état d'esprit. Mon but est donc de vous aider à changer votre état d'esprit afin qu'il soit plus positif. Vous verrez ainsi les choses d'une autre manière. Devenez à votre tour un diffuseur de positif et impactez à votre tour les personnes autour de vous.

  • Caroline dit :

    Merci Lirone pour cet article, mon chimp est impatient de lire la suite mais je vais être patiente.. Je trouve très intéressant d’arriver à se maîtriser dans certaine situation. Personnellement je démarre au quart de tour très souvent et j’avoue que ça me fatigue, ça fatigue mon entourage et puis selon les émotions ça fait mal, donc merci.
    Caroline

    • Lirone dit :

      Merci à toi Caroline !
      J’imagine que tu démarres au quart de tour que dans certaines situations ? C’est peut-être que Chimp se sent attaqué pour ce genre de situation. Tu comprendras mieux dans la dernière partie :).
      Au plaisir de te lire Caroline,
      Lirone

  • Amandine Obct dit :

    Ma partie émotionnelle donc Chimp prend très souvent le pouvoir mais depuis quelques semaines j’essaie de le maîtriser et de laisser place à mon côté humaine et je réfléchis à une réaction plus appropriée à chaque situations, en espérant que ça dure mais je prend le bon chemin ! 🙂

    Amicalement.

    Amandine

  • Pierre (CT) dit :

    C’est toujours un plaisir d’avoir des nouvelles de Chimp (ou en tout cas sur ce blog 😉 ). J’ai hâte de lire la dernière partie !

    Pierre

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